• 21.

     Comme chaque mardi, Noanne est allée passer la nuit chez ses grand-parents. Cela me permet de profiter tranquillement de ma matinée ; habituellement, je réfléchi à de nouvelles idées d'articles pour mon boulot, je fais les courses, le ménage ... Des trucs que je n'ai jamais trop le temps de faire correctement sinon. Mais aujourd'hui ... je reste vautrée sur le canapé comme un phoque attendant le dégel.

    Depuis quelques jours, je ne suis que l'ombre de moi-même, et ce depuis que j'ai surpris cette foutue conversation téléphonique entre Damien et son interlocuteur mystère.

    Bien sûr, j'aurai pu entrer dans la chambre en criant " HA - HA !!" et le surprendre dans ses confidences. Mais à quoi bon ? Il aurait probablement encore inventé je ne sais quelle excuse et je n'aurai jamais vraiment su à quelle vérité me fier.

    Je préfère la jouer subtile, lui faire croire que nous poursuivons notre petite vie ... En attendant de comprendre par moi-même dans quelle embrouille il s'est fourré et laisser l'étau se resserrer sur lui.

    Malgré tout, et surtout malgré les apparences, cette situation me ronge... J'ai peur de ce dont je ne suis pas au courant, craignant pour les répercutions que ça engendrera ... Et mon moral en prend un coup. 

     

    La porte d'entrée s'ouvre, c'est justement Damien qui ramène Noanne de chez mes parents. Je reprends mon masque de maman normale en les écoutant discuter vivement d'un chien qu'ils viennent de croiser en chemin, un événement apparemment d'une importance capitale pour la petite.

     

    La semaine qui suit, je ne mange ni ne dors pas beaucoup. Damien, fidèle à lui même,  ne s'en aperçoit quasiment pas.

    J'ai envoyé à ma patronne mes deux articles pour le numéro du mois prochain, j’espère que ça lui conviendra ... Je ne me suis pas foulé mais je n'avais vraiment pas le coeur à ça.

    En passant l'aspirateur pour la cinquantième fois de la journée, mes heures de sommeil manquantes commencent à se faire sentir: J'ai la tête qui tourne et l'impression que mes bras pèsent une tonne chacun.

     Je me laisse tomber de tout mon long sur le lit.

    21.

     

    Si je n'étais pas à ce point obnubilée par cette histoire, je me ferais un moment zen comme je les aime, avec respiration abdominale et détente dans cette pièce inondée du soleil matinal. Allongée sur ce matelas, je contemple par la fenêtre les nuages qui font comme des petites boules de coton dans le ciel...Es-tu heureux la haut Andrew ? Chaque fois que je regarde en l'air, vers cet univers immense, je pense à lui. Cette habitude ne m'a pas quittée, malgré les années, malgré les souvenirs qui s'éloignent.

    Andrew et moi étions cousins, nous avions seulement deux mois d'écart et nous étions unis par le sang, par le fait de partager un prénom atypique choisit par notre grand-mère Franco-Américaine, et surtout par une amitié sans faille. Et puis l'impensable s'est produit: Nous n'étions pas encore majeurs lorsqu'un accident est survenu: Banal, comme on en voit tous les jours dans les journaux. Une route qu'il connaissait par coeur, qu'il empruntait tous les matins pour se rendre à son job d'été en scooter. Et puis, alors qu'il ne roulait pas très vite, les roues du scooter ont glissées sur une flaque d'huile laissée par un véhicule qui était tombé en panne à cet endroit une heure auparavant. Il a succombé à une chute mortelle en se brisant la nuque sur le bord du trottoir. 

    En une fraction de seconde, j'avais perdu mon double, mon jumeau de coeur.

    A l'époque où je vivais encore chez mes parents, nous avions l'habitude de nous asseoir tous les deux sur le rebord de la fenêtre de ma chambre. Ce n'était pas bien haut - Heureusement pour Jérémy qui, comme on l'a vu précédemment, l'utilisait comme issue de secours -, rien de bien dangereux. Mais si ma mère nous avait surpris dans cette position, je crois qu'elle aurait fait une syncope. Nous restions là pendant des heures, a commenter notre vie en regardant les gens passer, profitant simplement du bonheur d'être ensemble.

     Mon appartement d'aujourd'hui est également au premier étage. Je me lève et vais ouvrir la fenêtre, l'air est bon. Le21. rebord extérieur est étroit, mais je pense qu'il est tout de même possible de s'asseoir dessus. 

    J'attrape le tabouret et le place devant la fenêtre grande ouverte. Peut-être que la nostalgie de cette sensation retrouvée m'aidera a faire du tri dans mes idées, même si elle n'aura plus jamais le même sens sans Andrew à mes côtés.

    Je suis debout sur le tabouret et prête a passer une jambe dehors, quand soudain une voix résonne derrière moi:

     

    "- Je ne pense pas que ce soit une bonne idée, vu ton état de fatigue."

    Faisant volte-face et sursautant, je perds l'équilibre.. Mon pied glisse, le tabouret se dérobe et je tombe à la renverse sur le sol de la chambre. J'en ai le souffle coupé.

    Allongée sur le dos, je jette un coup d'oeil panoramique pour découvrir qui vient de me parler. La pièce est vide, pourtant je suis sûre d'avoir entendu quelqu'un. Ce ne serait pas Damien qui me ferait encore une de ses blagues débiles quand-même ?

    Soudain, je me sens soulevée par les épaules et me retrouve sur pied comme par magie. Lorsque je me retourne et que je constate que la situation est improbable, je secoue machinalement la tête de gauche à droite en murmurant "Non .. Non ..."

    " - N'aies pas peur."

    Me souffle-t-il. Je continu à hocher la tête comme une poupée cassée.

    " - Haily, c'est moi."

    C'est justement parce que c'est lui que je suis terrorisée. J'arrive enfin à desserrer les lèvres:

    "- Alors ça y est, j'ai vraiment perdu la boule ? Ils ont réussi à avoir ma peau à force de m’entraîner dan leurs histoires de fausse belle-famille, de secrets, de hors la loi qui s'entre-tuent et de cadavre à planquer... Ou alors ? Ou alors je suis morte moi aussi ? Je suis morte en tombant, c'est ça ? C'est toi qui est chargé de m'accueillir de l'autre côté ?

    Je suis totalement paniquée à l'idée de laisser ma petite fille seule sur cette planète de fous. 

     - Bien sur que non, tu n'es pas morte, et tu n'es pas dingue non plus. J'aurai cru que tu te montrerais plus heureuse de me voir, je t'observe beaucoup tu sais, et depuis longtemps.

    Je ne peux m'empêcher de répéter:

    - Je suis dingue. Je suis dingue, c'est impossible, tu es mort. Et tu es là, donc si tu es là .. C'est que je suis folle. Mon dieu, j'ai perdu pied, j'ai atterri chez les cintrés..

     

     • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • •

    Andrew reste patient, sourire aux lèvres,

    amusé de me voir tourner en rond de stupéfaction. 

     • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • •

     

     

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  • Commentaires

    1
    charlotte
    Mercredi 9 Mai à 01:36

    Elle voit donc des fantômes ou les entends ? Tu pars dans le fantastique lol. 

    Il pourra peut-être lui dire ce qu'il se passe avec Damien vu qu'il l'observe. 

    Je l'a comprend qu'elle ne dort plus beaucoup vu qu'elle se demande ce qu'il a bien pu faire. 

    Vivement la suite.

    Bibiche-loveserie

    2
    Charlotte
    Vendredi 11 Mai à 15:54

    Oh ce n'est pas la grande forme en ce moment pour Haily :/ Mais peut-être que la visite d'Andrew lui redonnera l'énergie qui lui manque !!

    A bientôt 

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