• 13.

     

    Plusieurs semaines se sont écoulées depuis ce fameux jour.

    Je me suis ré-habituée à leurs absences, sans que celà ne m'empêche de toujours penser à eux et de me demander régulièrement s'ils vont bien, s'ils n'ont pas eu de problèmes avec d'autres hommes de main ou encore avec la police. Mes interrogations restent sans réponses, ces idées repartent comme elles sont venues et je continue sans eux l'aventure de ma vie.

    L'absence de Damien, elle part contre, est plus difficile à gérer. Elle me pèse un peu plus que je ne l'aurai cru, malgré que je me surprenne à être capable de vivre sans lui. Nous avons des contacts réguliers et, béni soit le seigneur, l'éloignement familial semble lui être bénéfique: Il certifie avoir fait le point sur sa vie, affirme qu'il s'est rendu compte que Noanne et moi sommes tout ce qu'il a de plus cher au monde et que de grands changements auront lieu dès son retour.

    Ceci dit, il devait revenir pour Noël mais n'en a rien fait... Et c'est pour Noanne que ce coup dur est le plus mal passé: Elle qui le réclame chaque jour en me montrant des photos de lui, en me demandant où est son papa dès qu'elle ouvre les yeux le matin, a eu bien du mal a exprimer de la joie en ouvrant ses paquets au pied du sapin.J

     

    13.J'allume l'ordinateur par curiosité, histoire de voir s'il m'a écrit un mail. Sur Facebook, une demande en ami m'attends. Elle vient de Pierre, un ancien camarade d'école... Ironie du sort, c'était un de nos amis commun à Jérémy et moi. 

    Il m'envoi un message quasiment instantanément après que j'ai accepté son invitation. Nous échangeons quelques banalités, nous questionnons sur nos chemins parcourus depuis tout ce temps... Puis l'envie est trop forte et l'occasion si belle, je demande l'air de rien :

    " - As-tu des nouvelles de Jérémy ?"

     

    Je fais celle qui l'a perdu de vue depuis des années. Après tout, à quelques mois près, c'était presque vrai.

    Il me répond:

    " - Oh, tu n'es pas au courant ?"

    Mon coeur s'emballe. Bien sur que si je sais tout, j'étais là.

    " - Au courant de quoi ?

    - Il est en prison.

    - En prison ?! Mais comment ça ?

    - D'après ce que je crois savoir, il s'est fait pincer pour une histoire de trafic de drogue."

    Il n'en dit pas plus, je brûle de lui poser des questions. Comment faire pour paraître raisonnablement curieuse, sans trahir mon intérêt personnel dans cette histoire ? Je voudrais qu'il me donne de vraies informations, pas des faits que je connais déjà. Je poursuis l'air de rien :

    " - Tu es sur ? la dernière fois que j'ai entendu parlé de lui, on disait qu'il fréquentait toujours son ami Daniel, mais rien de bien palpitant.

    - Daniel ? Il est tombé lui aussi d'ailleurs."

    Ses réponses sont laconiques, ses mots me gifles les uns après les autres.

    " - Mais que s'est-il passé ? Où as-tu appris tout ça ?

    - Ah bah je suis bien placé pour le savoir ! Les flics ont fait une perquisition chez eux, puis ils ont interrogé toutes les personnes figurants dans leurs répertoires téléphoniques. Je me suis retrouvé au commisariat pour une audition !"

    Il me raconte ça comme s'il avait vécu quelques chose d'absolument extraordinaire ... Je lis en diagonale le récit de sa visite au poste de police, tout en me demandant pourquoi est ce que je n'ai pas été moi aussi convoquée ? Jérémy a-t-il supprimé mon numéro ? Est ce que ma petite virée d'anniversaire dans leurs locaux a automatiquement rayé mon nom de la liste ?

    Je coupe Pierre dans ses explications:

    " - Est ce que tu sais de quand date leurs arrestations ?

    - Oh, euh, je dirai que ça s'est passé il y a environ trois mois."

     

    Trois mois ... Ça signifie dans les jours qui ont suivi notre petite aventure. Mon ventre se retourne, je ne me sens pas très bien. Je m'en veux de l'avoir abandonné, et je ne comprends vraiment pas pourquoi personne ne m'a contactée au niveau judiciaire.

    Je me sens bête de n'avoir jamais sérieusement envisagé la possibilité qu'ils se fassent prendre, comme s'ils étaient invincibles. Il fallait bien que ça arrive un jour ou l'autre. Je coupe cours à la conversation, estimant avoir eu mon lot d'émotions pour la journée...De plus, il faut que je garde de l'énergie positive pour Noanne.

     

    Deux nouveaux mois s'écoulent péniblement, et mes copines font des pieds et des mains pour me distraire pendant l'absence de Damien.

    Parfois, le weekend, elles demandent derrière mon dos à mes parents s'ils peuvent garder la petite et m’entraînent en sortie:

    " - Parce que ce sont les seuls moments ou tu lâches un peu du lest ! " me dit Marie en me poussant dans la voiture.

    " - Et durant lesquels je te retrouve égale à toi même !" sur-enchérit Lou, assise à la place du conducteur. Elle sait de quoi elle parle, notre amie Lou est enfin de retour parmi nous, après des années de captivité sous la surveillance d'un mec jaloux ... Elle est toute heureuse de sa liberté retrouvée, et je respire de voir qu'elle n'a pas changé.

     

    Arrivée dans le bar où nous avons nos habitudes, l'émotion me submerge lorsque j'aperçois Anna assise à une table, l'air de rien... Je n'en reviens pas, j'ai l'impression de rêver.

    Anna est mon amie d'enfance, celle avec qui j'ai tout partagé. Elle vit désormais, et ce depuis de nombreuses années, à plusieurs centaines de kilomètres de nous, et c'est toujours avec beaucoup de joie que je la retrouve lorsqu'elle revient dans la région pour nous voir.

    Il est si rare que nous soyons toutes les quatre autour d'une table, ce sont toujours des moments fantastiques.

    "- Surprise ! " Me glisse-t-elle dans l'oreille lorsque nous nous étreignons.

    13.

    " - Je n'en reviens pas, qu'est ce que tu fais là ?

    - Les filles m'ont dit que tu te laissais un peu aller ces derniers temps... J'ai eu envie de venir mettre le coup de pied aux fesses moi-même."

    Je souris, tellement reconnaissante de cette belle surprise.

    " - Combien de temps tu restes ?

    - Quelques jours seulement, mais je compte bien en profiter jusqu'au bout avec vous toutes."

     

    Ce n'est que bien plus tard dans la nuit que je franchis de nouveau la porte de mon appartement, absolument ravie de la soirée qui vient de s'écouler. Prenant note du décalage horaire, je jette un oeil à l'ordinateur, au cas ou Damien soit connecté.

    Sur Facebook, une nouvelle demande d'ajout en ami m'attend. La fenêtre s'ouvre et c'est avec stupéfaction que je lis:

    Jérémy M. souhaite vous ajouter à sa liste d'amis.

     

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    Alors, soit les prisons sont devenues des cyber-cafés,

    soit j'ai encore raté un train quelques part...

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     ...                       

     

     


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  • Commentaires

    1
    Bibiche-loveserie
    Mercredi 11 Octobre 2017 à 13:25
    Jeremy n'est donc plus en prison. Il a du sortir. Je pense qu'il a du demandé à Pierre de la demandé en amis pour voir si elle allait poser des questions sur lui. En tout cas, elle a profité de sa soirée avec ses amis
    2
    Océane
    Mercredi 11 Octobre 2017 à 20:22

    J'avoue que je ne sais pas trop quoi dire d'autre, à part bon chapitre. :) 

    3
    Charlotte
    Jeudi 12 Octobre 2017 à 20:30

    Hello,

     

    Pas mal ce chapitre même si je commençais à m'habituer à ne pas entendre parler de Jérémy ou de Daniel. Hâte de lire la suite 

    A bientôt

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