• 02.

    Comme dans un mauvais film, me voilà bel et bien au commissariat le jour de mon anniversaire.

    Les deux agents me font asseoir face à eux autour d'un bureau:

    " - Bon, maintenant que nous sommes dans un contexte différent, la mémoire vous est peut-être subitement revenue... Avez-vous désormais une idée de ce qui vous amène parmi nous ?

    - Mais non, vraiment en toute franchise non.

    - Très bien. Alors si je vous parle de Jérémy M., allez-vous également m'assurer n'avoir eu aucun contact récent avec cette personne ?"

    Jérémy ? Mais de quel chapeau ils le sortent celui-là ? Je suis un peu déboussolée:

    02.

    " - Euh non, enfin, ça fait des années maintenant que nous ne nous sommes pas adressé la parole."

    Le policier de droite s’esclaffe et fait un clin d'oeil sournois à son équipier, avant de poursuivre:

    " - Eh bien nous n'avons pas la même notion du temps apparemment ! Décrivez explicitement la nature de vos relations avec monsieur Jérémy M. s'il vous plait.

    - C'est... mon ex petit-ami. Enfin, ça remonte à quasiment dix ans maintenant, je n'ai plus de lien avec cette personne. Mais qu'est ce qu'il se     passe, il lui est arrivé quelque chose ?"

     

    L'agent de droite (toujours dans une attitude extrêmement théâtrale) frappe dans le dos de son collègue en pouffant :

    " - Tu entends ça Marc ? Est ce qu'il lui est arrivé quelque chose ? Elle est forte, on l'imaginerait presque sincère !! Aaaah ça, il est doué le Jérémy pour se dégoter des complices dignent de ce nom ... Regarde-la avec son visage de fille bien rangée, on lui donnerait le bon dieu sans confession !!"

    Mais bordel - passez moi l'expression- quelle tête de con celui-là... Ma patience atteignant ses limites, je ne peux me contenir plus longtemps:

    " - Bon alors sauf votre respect, j'aimerai qu'on m'explique réellement ce qu'il se passe ici et pourquoi il est apparemment normal qu'on me prenne ouvertement de haut, et ce à grand renfort de réflexions sans fondements ? Dites-moi clairement les choses parce que sinon on est parti pour la nuit, et très sincèrement j'ai d'autres projets pour la soirée."

    Le policier de gauche sourit et prend en fin la parole:

    - Très bien, je vous l'explique pour le principe: Monsieur Jérémy M. a été impliqué dans de nombreuses affaires, pour lesquelles il a été jugé et condamné à des peines d'enfermement relativement courtes, mais également  à une interdiction de territoire formelle dès sa sortie de prison, dans le cadre du programme de protection des témoins..."

     Alors cella-là ... Je ne l'attendais tellement pas qu'elle m'arrive droit dans le visage; Je savais que Jérémy avait une personnalité un peu borderline, j'en avais pris conscience déjà à l'époque, car il aimait vraiment le danger. Quand nous étions ensemble, nous avons partagé des choses folles, notre relation un peu sombre était basée sur l'adrenaline, les risques que seule la jeunesse excuse que vous preniez bêtement. Il est ma première grande histoire, celle que les filles garde en mémoire, enfermée dans une boite colorée. Même si avec le recul, j'ai désormais conscience que c'était une passion dangereuse, dévorante et franchissant parfois la limite de la folie, j'en garde un souvenir souriant, un peu abasourdie par la personne qu'il avait pu faire de moi quand j'étais jeune, en poussant mes paramètres à l'extrême, gommant certaines de mes limites.

    " - Vous avez posé une question, et la réponse ne vous intéresse pas ?"

    Le méchant policier de droite me tire précipitamment de mes réflexions.

    " - Si, si, bien sur, excusez-moi c'est juste que je suis un peu stupéfaite de ce que je viens d'entendre.

    - Bah voyons.

    - Mais je ne vois toujours pas ce que je viens faire dans votre histoire?

     

    - Oui ... Oui ... On y vient. Donc notre homme est sorti de prison depuis environ six mois, et croyez bien qu'on le surveille comme le lait sur le feu. Il doit se rendre chaque mercredi au commissariat de l'autre côté de la frontière espagnole, là où il est censé résider désormais, pour certifier de sa présence. Or cette semaine, il ne s'est pas présenté. Nous sommes aujourd'hui samedi et il est toujours introuvable. 

    - D'accord...

    - Jusqu'alors, l'étude de la téléphonie ne donne rien, pour la bonne et simple raison que Jérémy M., doit utiliser des téléphones à cartes pré-payées, que nous ne pouvons pister. Mais ce matin, et attention c'est la que vous devez soigner votre arrivée, bingo, il est entré en contact avec vous !

    - Pardon ? Mais non pas du tout ... Je vous dis que je ne lui ai pas parl...

    - Pof pof pof !! Regardez donc ici."

    Pof pof pof ?? Mais qu'est ce que c'est que cette expression qu'il utilise dès qu'il se sent pousser des ailes celui-ci ? Il poursuit en me tendant un papier:

     

    02.

     

    " - Voici la liste des appels et messages textes émanant de son numéro de téléphone. Voyez par vous même, à 10 heures 58 précisément, votre numéro apparaît sur le listing. Félicitations, vous êtes l'une des seuls élus.

    Le texto de l'inconnu !! C'était donc Jérémy... Mais pourquoi voudrait-il subitement entrer de nouveau en contact avec moi ? De plus, aux vues de sa situation actuelle, quel serait l'intérêt de m'écrire après toutes ces années, juste pour me souhaiter mon anniversaire ?

     

    L'agent de gauche, maintenant debout, me tapote sur la main :

     

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    - Alors c'est bon Haily, on passe à table maintenant ? 

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    +++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++Textes : #Déborah / Illustrations : #Souz 


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