• 01.

    Aux yeux du reste du monde, c'est un samedi matin comme un autre.

    Pour Damien et moi cependant, il s'agit du dernier dont il faut que nous profitions ensemble avant un certain temps.

    Lorsqu'il m'avait annoncé qu'il avait accepté une mutation proposée par son chef pour partir un an aux Etat-Unis, j'ai cru à une mauvaise blague: Comment pourrait-il me laisser seule pour gérer notre petite fille sans même me concerter en amont ?

    Mais bien rapidement, j'ai du me rendre à l'évidence : Son égoïsme et son ambition étaient une nouvelle fois passées en priorité.

    Les jours avaient filé aussi vite que des grains de sable dans un sablier, et nous y étions, dans cinq petits jours il passera les portes d'embarquement.

     

    Cela fait déjà quarante-cinq bonnes minutes que je rumine de mon côté du lit, le visage tourné vers le mur. Je note qu'il sort à son tour doucement du sommeil, ses pieds commençants a marteler mes mollets. Même sous la couette il agit comme s'il était seul.

    Il se colle derrière moi et enlace ma taille, mais j'ai beau vouloir faire un effort, tous mes muscles se crispent à la simple idée qu'il veuille aller plus loin. J'ai beau avoir encore des sentiments pour lui, ma rancune et ma déception restent tenaces.

    - Ça va ma chérie ?

    Il me murmure dans l'oreille. 

    Je ferme fort les yeux, me disant que peut-être il croira que je dors toujours.  Et pourtant, d'un autre côté, je m'autorise de garder l'espoir fou qu'il n'aura pas oublié.

     

    1.

    - Haily ... 

    Il revient à la charge, se collant un peu plus fort contre moi. Je n'ose pas me retourner, d'une part parce que je n'ai clairement pas envie de faire l'amour avec lui, mais surtout parce que je serai encore face à la déception.

    Il me secoue les épaules et insiste :

    "- Allez ma belle, réveille-toi ! Tu sais que c'est mon dernier week-end en France, j'aimerai faire beaucoup de choses."

    On y est... Je ne peux me contenir plus longtemps:

     "- Ah tiens, tu aimerais faire beaucoup de choses ? Et commencer par souhaiter un joyeux anniversaire à la femme qui partage ta vie depuis plus de quatre ans par exemple, ça ne serait pas mal non ? Tu sais, celle que ta fille appelle aussi maman, celle qui gère tout pour toi, environ 18 heures sur 24 ... ! C'est bon pour les indices ,tu resitue ?

    - Mais voyons, j'allais te le souhaiter tu penses bien! J'attendais juste qu'on soient un peu plus réveiller et actifs pour le faire."

    On en parle de ce qu'il a l'air de voir écrit sur mon front ou ça ira ?

     

     Toute la journée, les textos fusent : Bon anniversaire par-ci, plein de bonheur par-là, et toutes les gentillesses qu'on vous envoient en ce jour solennellement sacré.

     

    Je suis entrain d'aider ma mère a préparer la quantité industrielle de nourriture prévue pour le traditionnel repas-du-soir -spécial-g1.randes-occasions, lorsque mon portable vibre de nouveau:

     

    SMS reçu du 06 33 31 .. .. Tient, à défaut d'avoir un mec attentionné, au moins les inconnus au bataillon ont une pensée pour 

    moi. J'appuie pour lire le message:  

    Joyeux anniversaire ma belle, le temps passe mais les souvenirs restent. J'aimerai te voir, à bientôt.. 

    Un peu interloquée, je reste perplexe quant à l'identité de cet expéditeur mystère. Je n'aime pas le ressenti qui m'a traversé en parcourant ces mots, mais me laisse le temps de la réflexion avant de répondre.

     Nous poursuivons les préparatifs pendant plusieurs heures. Damien, quant à lui, est allé rejoindre ses potes depuis longtemps, nous aider étant une bien trop grande perte de temps pour son "dernier week-end".

    Noanne, mon petit bonheur de fille, m'aide assidûment pour touiller dans les saladiers.

    Subitement, vers quinze heures, un vacarme affreux émane de l'entrée. Un acharné est entrain de tambouriner dans la porte, probablement dans l'idée de la dégondée.

    Le reste de la famille n'est pas attendu si tôt, et puis une arrivée aussi fracassante n'est clairement pas le genre de la maison.

    Je me dirige vers la porte quand le tambourinage reprend de plus belle:

    - POLICE !! OUVREZ !!

    Ok, soit c'est une blague de mauvais goût, soit mes parents ne m'ont pas tout dit sur ce qu'ils font de leur temps libre.

    J'actionne la poignée et salut les deux hommes en uniformes que je trouve effectivement  sur le palier.

    "- Mademoiselle Haily Jane S. ?

    -Oui, c'est moi ?!

    -Bonjour, confirmez-vous êtres la propriétaire du téléphone portable ayant pour numéro d'appel le 06 78 50 .. .. ?

    - Euh, oui c'est bien le cas, mais qu'est ce qu'il se passe ?"

    A peine ont-il entendu mon approbation qu'ils franchissent le pas de la porte et m'entourent chacun d'un côté, puis poursuivent:

    " - Bon on ne va pas tergiverser n'est-ce-pas, vous vous doutez bien des raisons qui nous amènent jusqu'à vous.

    - Alors très sincérement pas du to.... 

    - Pof pof pof allons allons ... Ne faites pas l'innocente, ça n'arrangera pas vos affaires ... 

     

    • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • •

    ... Allez, suivez-nous au poste, on a des choses à se dire.

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                                                                                                                                                 +++++++++++++++++++++++++++++++++1.opyright Reserved 

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